La Belgique compte 14 régions agricoles définies sur base de leurs caractéristiques naturelles et de leur potentiel agronomique, qui ne sont pas homogènes sur l'ensemble du pays. La Wallonie en compte 10, dont 3 qu'elle partage avec la Flandre. À cette subdivision du territoire correspondent certaines spécialisations des activités agricoles (cultures, élevage).

Un cadre de référence

Les régions agricoles ont été créées dans les années '50 pour offrir un découpage agronomique cohérent du territoire belge permettant d'organiser les statistiques nationales et d'adapter les politiques agricoles aux réalités locales. Leurs limites ont été définies dans la législation (AR du 24/02/1951 q et ses modifications successives) sur base des caractéristiques naturelles et du potentiel agronomique du territoire. Dès la fin des années '70, avec l'entrée en vigueur du bail à ferme, elles ont été utilisées pour l'établissement des coefficients de fermage[1]. Entre 1992 et 2003, dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC), elles ont aussi servi à l'établissement de rendements de référence pour le calcul du montant des aides ("paiements compensatoires").

La régionalisation de l'agriculture en 2002 n'a pas modifié les régions agricoles et leurs délimitations (AGW du 24/11/2016 q). Aujourd'hui, elles restent un cadre de référence dans plusieurs domaines en Wallonie : statistiques officielles, politique agricole (Plan stratégique wallon relatif à la PAC 2023 - 2027 q), fermages q, recherche agronomique notamment.

Régions agricoles de Wallonie

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Des différences notables en termes d'orientation agricole

La Région limoneuse (4 015 km2), qui se prolonge en Flandre, se caractérise par des sols riches et fertiles. Elle est spécialisée en grandes cultures. Les principales affectations sont les céréales, les prairies[2], les betteraves et les pommes de terre.

L’Ardenne (3 454 km2) offre des sols généralement acides, peu épais et caillouteux, relativement peu fertiles. Elle est spécialisée en élevage bovin viandeux. Les terres agricoles sont essentiellement occupées par des prairies. Les cultures, très secondaires, sont surtout le maïs fourrager et les céréales. 

Le Condroz (2 539 km2) se caractérise par une alternance de crêtes cultivées aux sols relativement fertiles ("tiges") et de vallons boisés ("chavées"). Sur les terres agricoles, les prairies et les céréales dominent, suivies loin derrière par le maïs fourrager, les betteraves et pommes de terre.

La Région herbagère (1 876 km2), qui se prolonge en Flandre, présente des sols argileux, humides et fertiles. Elle est spécialisée en élevage bovin laitier, les sols argileux et le relief vallonné se prêtant moins bien aux cultures. Les terres agricoles sont principalement affectées aux prairies, très secondairement au maïs fourrager.

La Famenne (1 722 km2) présente des sols lourds, hydromorphes et souvent peu fertiles. Elle est surtout orientée vers l'élevage. Les principales affectations sont les prairies, suivies de très loin par les céréales et le maïs fourrager.

La Région jurassique (1 043 km2) se caractérise par des sols divers. Elle est orientée vers l'élevage bovin viandeux, avec des terres agricoles fortement dominées par des prairies. Les cultures présentes sont surtout le maïs fourrager et les céréales.

La Région sablo-limoneuse (1 004 km2), dont la majeure partie se trouve en Flandre, présente des sols à fertilité moyenne. Elle est orientée vers les grandes cultures. Les principales affectations sont les céréales, les prairies, le maïs fourrager, les pommes de terre et betteraves sucrières.

La Haute Ardenne (828 km2) est constituée de sols généralement plus acides, plus pauvres et plus superficiels que les sols de l'Ardenne. Elle est spécialisée en élevage bovin laitier, avec des terres agricoles largement dominées par des prairies.

La Fagne (379 km2) présente des sols divers mais relativement peu fertiles. Elle est surtout orientée vers l'élevage bovin, avec des terres agricoles largement affectées aux prairies. Les cultures sont surtout le maïs fourrager et les céréales.

La Campine hennuyère (38 km2), enclavée dans la Région sablo-limoneuse, présente des sols sableux à sablo-limoneux acides, très perméables et pauvres. Les terres agricoles sont essentiellement affectées aux prairies et aux céréales.
 


[1] Les coefficients de fermage, publiés chaque année au Moniteur belge, servent au calcul des fermages (loyers versés par les exploitants agricoles pour l'usage de terres ou de bâtiments agricoles) selon la formule : fermage = revenu cadastral non indexé × coefficient de fermage. Ils sont calculés par région agricole et par province sur base de l’index des prix à la consommation et de l’évolution des revenus du travail agricole.

[2] Dans l'ensemble de la fiche, les prairies comprennent les prairies permanentes et temporaires.

Pas d'évaluation Pas d'évaluation

Cet indicateur ne fait pas l'objet d'une évaluation car il s’agit soit d’un indicateur de contexte, soit d’un indicateur à portée limitée dans le temps (études ponctuelles) ou dans l’espace (échelle sub-régionale).